Voyage initiatique dans la mer de Corail 

Noémie Pannetier revient d’un tour du monde de 10 mois en solitaire, avec des photos, des vidéos et des aventures à partager. Vous pouvez la retrouver sur son site voyageraufeminin.fr, sa page Facebook et sa chaîne YouTube. Elle nous raconte ici son voyage au Vanuatu, une destination qui lui est chère et où elle est restée 3 mois.

Il m’est impossible d’expliquer l’origine de cette envie si présente de

vivre une grande aventure, un voyage initiatique au pays de ceux que

l’on nomme “les gens heureux”. Années après années, je m’étais

passionnée pour ces îles perdues en plein cœur du Pacifique : voici le

récit de mon aventure au pays des merveilles, le Vanuatu.

Une arrivée mouvementée, mais déjà des rencontres

* Ni-Van est l’abréviation de Ni-Vanuatu, nom des habitants de

l’archipel, provenant de l’expression “né Vanuatu”

J’étais émue de poser les pieds dans ce pays qui n’existait jusqu’alors

que dans mes rêves. Cette belle émotion ne dura qu’un temps : je

n’étais pas en règle. J’ignorais qu’il était impossible de séjourner sur

le territoire Ni-Van* sans être munie d’un billet retour. Je rencontre

Néné, une Ni-Van âgée de 24 ans, qui travaille à l’aéroport et qui me

sauve des griffes de la douane locale.

Néné vit dans le centre de Port Vila sur l’île d’Efate, la capitale, et me présente l’ensemble de sa famille. Sa mère, Hélène, m’aide à préparer mon voyage, et se charge de prévenir ses connaissances en pleine « brousse », comme elle aime appeler – non sans humour – l’arrière-pays vanuatais. Elle saisit totalement le but de ma venue ici, comme si elle me connaissait.

 

L’aventure peut commencer

L’archipel volcanique du Vanuatu compte de nombreuses îles, dont trois principales : Efate, Tanna et Esperitu Santo. Afin de découvrir les plus authentiques, je décide de m’aventurer là où peu de voyageurs mettent les pieds.

Une carte pour s’y retrouver :

Afficher la carte en grand dans Google maps

Quelques antibiotiques, produits désinfectants, pansements, répulsif et une moustiquaire plus tard, me voilà prête pour l’aventure dans la jungle Ni-Van pour rejoindre les communautés tribales !

L’île de Tanna

Tanna est ma première destination. Je suis accueillie par une famille dans le village de Loanatom au sud de l’île. Simone et Camille m’apprennent beaucoup sur la coutume Ni-Van : par exemple la danse traditionnelle, comment faire le pain ou encore lire l’heure dans le ciel.

Camille, l’homme de la maison, m’apprend aussi à boire le kava*. Nos longues discussions, sa curiosité et son ouverture sur le monde me marquent beaucoup. Je partage leur quotidien, découvre leur mode de vie et leurs croyances, sur lesquelles je n’arrête pas de les questionner. Les heures passées à jouer et dessiner avec leurs enfants se terminent souvent en rigolade… Vivre avec cette famille est un magnifique partage.

 * Boisson relaxante locale aux vertus hallucinatoires.

L’île de Tanna

Tanna est ma première destination. Je suis accueillie par une famille dans le village de Loanatom au sud de l’île. Simone et Camille m’apprennent beaucoup sur la coutume Ni-Van : par exemple la danse traditionnelle, comment faire le pain ou encore lire l’heure dans le ciel.

Camille, l’homme de la maison, m’apprend aussi à boire le kava*. Nos longues discussions, sa curiosité et son ouverture sur le monde me marquent beaucoup. Je partage leur quotidien, découvre leur mode de vie et leurs croyances, sur lesquelles je n’arrête pas de les questionner. Les heures passées à jouer et dessiner avec leurs enfants se terminent souvent en rigolade… Vivre avec cette famille est un magnifique partage.

 * Boisson relaxante locale aux vertus hallucinatoires.

En route vers le Volcan

Situé à 4 heures de route du village de Loanatom, le volcan de l’île de Tanna est en activité constante et crache du feu régulièrement.

C’est l’une des choses les plus spectaculaires que j’aie pu voir durant mon tour du monde.

Il faut d’abord marcher dans la jungle pour rejoindre Port Résolution où nous passerons la nuit. La marche est interminable, sous un soleil de plomb. Des enfants m’accompagnent depuis des heures : eux font ce trajet plusieurs fois par jour pour aller à l’école ! Mes dernières forces me mènent jusqu’au village, où les habitants voient d’abord mon arrivée comme une intrusion. Je donne le nom de mes contacts au chef de village qui, une fois rassuré, me présente aux femmes.

L’une d’elles, Alice, s’occupe de moi comme une mère ; elle me donne à boire, à manger, lave mes vêtements, me remplit le sceau d’eau pour que je me douche… Sa gentillesse me touche beaucoup. Malgré sa pauvreté elle m’offre tout son amour et le peu qu’elle a.

Nous parlons beaucoup. Un soir elle me propose de la suivre pour une grande marche à travers la jungle, dans le but d’assister à une fête coutumière : elle me conduit au village de son oncle, Sulfur Bay, si reculé que les enfants n’ont jamais vu de blanc. Ils sont surpris et effrayés de ma visite. Je me fais discrète…

L’île d’Ambrym

* Une danse très impressionnante, secrète et réservée aux hommes. Les masques qui sont fabriqués à cette occasion sont magnifiques. Les costumes sont immédiatement détruits pour que les esprits ne hantent les danseurs.

Cette île noire nommée Ambrym, où je suis accueillie par Doroline – la sœur de Néné -, est l’occasion de me rendre dans un village réputé pour la magie et les danses de Rom* pratiquées par ses habitants. Une fête a lieu tous les ans au nord d’Ambrym et la danse est suivie d’un sacrifice de cochons. Mon choix s’est porté sur le village d’Olal.

C’est dans une petite classe de l’école d’Olal que j’ai l’occasion de réaliser un rêve : faire la classe aux enfants. Une expérience magique de tout point de vue ; un mélange de partage et de rire !

Malgré tous ces beaux moments passés sur l’île d’Ambrym, je ne m’y sens pas bien. Il y pleut régulièrement et je dois partager ma chambre avec des insectes, notamment une énorme tarentule (réputée  inoffensive mais, elle fait son effet !)… Les femmes me racontent des histoires d’horreur qui se seraient passées sur l’île : cela expliquerait qu’elles ne sortent jamais seules. Je décide d’écourter mon séjour afin de me rendre dans une autre île du Vanuatu. Cap sur l’île d’Esperitu Santo !

L’île de Santo

Santo est paradisiaque, c’est ici que j’ai vu les plus belles plages de mon tour du monde. L’eau transparente et le soleil sont une bonne source d’oxygène après ces jours dans la jungle.

Je vous laisse imaginer les “blue lagoon” qui sont des trous d’eau d’une couleur bleu azur. Cette île, pourtant proche d’Abrym, ne lui ressemble en rien ! Les gens sont plus souriants et accueillants ; je reste une semaine à Luganville, la plus grande ville de Santo, avant de m’envoler pour les îles des Banks à l’extrême Nord de l’archipel du Vanuatu.

Îles des Banks

Après un atterrissage périlleux (nous avons dû éviter trois palmiers avant de toucher le sol…), je découvre les lieux sous un intense brouillard dû à la présence de volcans.

Cet endroit m‘apparaît loin de tout. Rien à part quelques cases traditionnelles fabriquées en feuilles de cocotiers, la brousse, les montagnes, la mer et la rivière. Une famille Ni-Van composée de Georgeline, son mari et leurs enfants (dont 7 en bas âge) m’accueille dans le village d’Arep. Ils sont adorables et font tout pour que je puisse observer la coutume locale au plus vite. Je sympathise très vite avec leur fille Kiki, qui a le même âge que moi.

 

Ils me conseillent de rejoindre les îles de Mota Lava en canot : une fête coutumière annuelle débute le lendemain. Il s’agit des événements de Saint Andrew durant lesquels les locaux pêchent traditionnellement avec un arc et des flèches, dansent et chantent.

Mota Lava

Le trajet se fait dans une embarcation de fortune qui me fait terriblement peur ! Nous naviguons sur une mer très agitée qui déstabilise dangeureusement la barque. Après quelques heures, un petit morceau de terre aux allures de paradis montre enfin le bout de son nez : l’île de Mota Lava.

Cette fois, c’est Madame Dolores, Ranon son mari et Humility sa fille, qui m’attendent au bord de l’eau. Les paysages sont splendides, les fleurs de toutes les couleurs, la mer limpide, l’atmosphère paisible et ressourçante. Une nouvelle fois, la chaleur et la gentillesse des gens sont remarquables. Je n’ai pas de mot pour exprimer tout le bonheur que je ressens sur cette île entourée des tribus des Banks.

 

Je ne veux pas quitter cet Eldorado où la vie est si simple. La circulation se fait en pirogue, on cultive la terre pour se nourrir, on chante, on danse… Un mode de vie que j’ai toujours recherché, en marge de la société de consommation. Je vis donc avec les locaux les événements de Saint Andrew en faisant la fête et en pêchant avec eux et ce, trois jours durant. Une expérience magique !

Mon aventure dans les îles de Vanuatu touche quasiment à sa fin… Malgré la joie qui m’a suivi durant le voyage, la tempête et la nourriture locale m’ont tout de même fait passer de durs moments. Il faut que j’écourte mon séjour mais une grande cérémonie va bientôt avoir lieu sur l’île de Mallicolo : je ne peux pas manquer ça.

L’île de Mallicolo

Le dernier atterrissage dans les îles Ni-Van se fait en douceur en pleine palmeraie. L’aéroport est sommaire… Une pelouse accompagnée de quelques briques entassées les unes sur les autres. Cet endroit n’est pas touristique et les conditions de vie vont sûrement être rudes, surtout avec un état de santé de plus en plus difficile à gérer. Je fais la connaissance d’une amie de la famille d’Hélène qui m’offre l’hébergement dans un bungalow à la disposition des quelques rares routards qui viennent sur l’île.

Mallicolo est la première île cannibale du Vanuatu, beaucoup de vestiges du cannibalisme y sont restés intacts ; ce qui attire des chercheurs du monde entier.

Le bungalow est magnifique, je suis aux anges ! Je dispose du minimum pour me reposer mais… la chambre est truffée d’énormes abeilles à la piqûre très douloureuse (parfois mortelle). Je tente de me rendre sur l’île de Vao à 10 minutes de là, mais la malchance me suit : il est trop tard, il n’y a plus de navette.

* Boisson relaxante locale aux vertus hallucinatoires.

Je dois donc dormir dans ce bungalow. Je décide de boire du kava* afin d’être dans un état second pour réussir à trouver le sommeil malgré tout.

A 6h du matin, je suis dans la barque pour me rendre sur l’île de Vao. L’île est très petite, on en fait le tour a pied en une heure ! C’est parti pour trois jours de festivités. Je séjourne chez la très sympathique Juliette. J’assiste à une belle fête d’ordination. La famille d’un des prêtres est française.

 

À la fin des festivités je décide de les suivre jusqu’au village d’Unmet qui me passionne car la tribu des Big Nambas* y vit. J’ai alors l’occasion d’en savoir plus sur le cannibalisme. Officiellement aboli en 1960, le cannibalisme m’est si bien raconté, et avec tant de détails sur la façon de manger ses ennemis, que je me demande si officieusement il n’est pas encore pratiqué… Un homme issu de la tribu des Big Nambas, me raconte tout ce que je veux savoir et me fait visiter un Nakamal, le lieu de cérémonie coutumière des hommes. Normalement cette visite est interdite aux femmes mais, n’étant pas locale, j’ai la chance de ne pas me voir appliquer cette règle.

Retour sur l’île d’Éfaté

Je rentre dans la capitale afin de retrouver Hélène et Néné que je n’ai pas vu depuis plusieurs mois. J’ai hâte de pouvoir leur raconter mes aventures et de les remercier pour leur aide. Je ne peux malheureusement pas passer les fêtes de Noël à leurs côtés car je dois aller me faire soigner en Nouvelle-Calédonie. La Dengue me fatigue de plus en plus, avec des migraines à répétition et de très fortes douleurs musculaires.

Les quitter a été très dur. Elles sont dans mon cœur chaque jour ainsi que Simone, Camille, Alice, Kiki, Georgeline, Ranon, Humility, Juliette, Dolores, et tant d’autres… Cette expérience de 3 mois dans les tribus du Vanuatu m’a beaucoup enrichie, je suis une nouvelle personne. J’ai partagé des moments inoubliables avec diverses familles qui m’ont accueillie comme si l’on se connaissait depuis des années. Je n’oublierai jamais cette générosité inconditionnelle qui m’émeut encore au moment où j’écris.

J’ai réalisé mon rêve de petite fille au pays des gens heureux.

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© 2016 créé par Anne Prévost

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